[TEST & AVIS] Sonos Beam Ultra, le Dolby Atmos se fait (enfin) entendre

Plus de trois ans après la Beam (Gen 2), Sonos remet sa barre de son compacte sur le métier. La Beam Ultra promet un vrai Dolby Atmos grâce à des haut-parleurs orientés vers le plafond, des dialogues retravaillés par l’IA et un calibrage Trueplay qui s’ouvre enfin à Android. Le tout pour 699 €, soit 200 € de plus que sa grande sœur. Je l’ai installée dans mon salon, et voici mon avis de geek, pas d’audiophile.

Petite précision avant de commencer, je ne suis pas un pro de l’audio. Je n’ai ni sonomètre ni oreille d’or, je juge ce que j’entends, avec mes contenus, dans mon salon. Pour comparer, gardez sous la main mon test de la Beam (Gen 2), et si vous voulez la fiche d’identité complète, c’est par ici, dans mon article à l’annonce.

Design et installation, un gabarit de poche et des ambitions de grande

À première vue, difficile de la distinguer de sa devancière. La Beam Ultra garde la silhouette compacte de la gamme, avec une finition mate, en noir ou en blanc. Elle prend toutefois de la largeur avec 750 mm contre 651 mm pour la Beam (Gen 2), pour 105 mm de profondeur et 2,88 kg sur la balance. Il fallait bien loger les haut-parleurs supplémentaires quelque part…

Sonos Beam (gen2) vs Sonos Beam Ultra

Bonne nouvelle en revanche, elle est un peu moins haute, 65 mm contre 69 mm. Rappelez-vous, dans mon test de la Gen 2, je soulignais qu’une barre de presque 7 cm pouvait mordre sur le bas de l’image avec une TV au pied bas. Quelques millimètres de gagnés, ça compte.

On retrouve les commandes tactiles sur le dessus (lecture, piste suivante, volume), des voyants discrets et l’interrupteur physique du micro à l’arrière. Côté écologie, Sonos annonce 48 % de plastique recyclé. Et si vous préférez la fixer au mur, un support dédié est proposé en option.

L’installation, elle, tient en trois gestes. On branche l’alimentation, on relie la barre à la TV avec le câble HDMI fourni (1,5 m), et l’application Sonos prend le relais pour la configuration. Comptez quelques minutes, pas plus.

C’est ici que le HDMI eARC fait tout le travail. La barre est reconnue comme le système audio de la télévision, ce qui permet de piloter le volume avec la télécommande de la TV, sans accumulateur de télécommandes sur la table basse. C’est aussi lui qui transporte le Dolby Atmos sans perte et le Dolby TrueHD jusqu’à la barre. Petit conseil de geek, vérifiez dans les réglages de votre TV que la sortie audio est bien configurée sur eARC en mode passthrough, sinon vous risquez de vous priver de l’Atmos sans le savoir.

Reste le calibrage Trueplay, qui analyse l’acoustique de la pièce pour ajuster l’égaliseur de la barre. Le principe n’a pas changé, on se promène dans le salon, smartphone en main, pendant que la barre émet ses sons de test. C’est rapide, et à l’oreille le résultat est efficace, avec un rendu plus équilibré une fois le réglage appliqué. Je ne peux pas vous le prouver par une mesure, mais la différence se perçoit.

Et surtout, grande nouveauté, Trueplay est désormais compatible avec Android, en plus des iPhone. Dans le test de la Gen 2, je regrettais qu’il faille obligatoirement un appareil Apple pour en profiter. C’est donc un reproche en moins, et pas des moindres.

Sous le capot, neuf haut-parleurs dont deux qui regardent le plafond

Sur le papier, la fiche technique a de quoi donner le sourire. La Beam Ultra embarque neuf amplificateurs numériques, cinq tweeters et quatre woofers à profil bas. Parmi les tweeters, un médium central pour l’image sonore, deux latéraux à pavillon pour la séparation stéréo, et surtout deux haut-parleurs orientés vers le haut, avec un pavillon directionnel, dédiés au Dolby Atmos. Sonos revendique un rendu 7.1.2.

C’est là que se situe la vraie évolution. Sur la Beam (Gen 2), l’effet de verticalité reposait sur du traitement du signal pour simuler les enceintes de plafond, et je n’avais pas entendu de différence flagrante. Ici, les sons du haut sont réellement envoyés vers le haut, pour rebondir sur le plafond. Si la barre est placée sous une étagère, un mode de son aérien simulé permet d’optimiser le rendu, à sélectionner dans l’application.

Côté formats, la liste est complète, avec le Dolby Atmos (via Dolby Digital Plus ou TrueHD), Dolby Digital, PCM multicanal et même DTS Digital Surround. Sous le capot, un processeur quadricœur à 1,9 GHz, de quoi faire tourner tout ça sans broncher.

Et j’ai trouvé très pratique l’écran « En cours de lecture » de l’application affiche le format audio réellement décodé. Fini le doute sur la présence (ou non) de l’Atmos dans votre film.

À l’écoute, du jazz aux blockbusters

Commençons par la musique, où je suis plutôt jazz, avec de grands classiques, dont Kind of Blue de Miles Davis, Take Five de Dave Brubeck, un peu d’Ella et Louis, et du Bill Evans en fin de soirée. La Beam Ultra s’en sort très bien, avec une trompette bien placée en avant, contrebasse ronde, balais sur la caisse claire détaillés, piano sans dureté.

Mais soyons honnêtes, je n’ai pas distingué de grande différence avec la Beam (Gen 2) sur ces morceaux. Il faut dire que le jazz de cette époque est majoritairement mixé en stéréo, et la Gen 2 s’en sortait déjà très bien. La Beam Ultra sait lire du Dolby Atmos Music via ses haut-parleurs dédiés, mais avec mon répertoire, l’intérêt reste limité. Si vous écoutez surtout de la musique, ce n’est clairement pas ici que se justifient les 200 € d’écart.

Place aux films d’action en Dolby Atmos, où la différence devient enfin plus évidente. Sur les scènes de poursuite, les passages d’hélicoptères ou les combats aériens (Top Gun Maverick, par exemple), le son spatial est plus enveloppant, et la verticalité se ressent vraiment. On a l’impression que la scène s’étend au-dessus de nous, ce que la Gen 2 n’arrivait pas à me faire ressentir.

Mais il y a un mais, et il est de taille. Pour s’en rendre véritablement compte, le volume doit être particulièrement fort. À volume raisonnable, l’écart avec la Beam (Gen 2) s’estompe sérieusement. C’est un point à garder en tête si vous avez des voisins sensibles… ou un sommeil léger à la maison.

Là où la Beam Ultra me convainc sans réserve, c’est sur les dialogues, que ce soit dans un film ou une série. Sonos propose désormais quatre niveaux d’amélioration des voix, pilotés par une IA qui détecte les voix humaines, à régler dans l’application. Dans la Gen 2, la fonction était déjà efficace, mais le fait de pouvoir doser le niveau de détail change tout, avec un réglage léger pour un film tranquille, plus marqué quand ça explose de partout et que les acteurs chuchotent entre deux déflagrations. C’est super efficace, et c’est pour moi l’amélioration la plus utile au quotidien.

Pour le journal TV, YouTube ou un podcast, la barre fait simplement le job, avec des voix claires et une écoute sans fatigue. Pas de quoi en faire un paragraphe, et c’est plutôt bon signe…

L’app Sonos 27, un vrai coup de jeune

Depuis Sonos 27, l’application est devenue plus agréable à utiliser, et franchement, après le fiasco de la refonte de 2024, ça fait du bien. La navigation s’organise autour de trois onglets (Accueil, Système et Recherche), on peut épingler ses pièces préférées pour y accéder plus vite, et le volume se règle avec un geste de rotation à deux doigts, comme un vrai bouton.

Les exemples concrets ne manquent pas. Vous pouvez affiner le rendu avec l’égaliseur (basses, aigus, Loudness), activer le Son nocturne pour regarder un film tard le soir en gommant les explosions et en faisant ressortir les murmures, ou régler les dialogues en deux secondes depuis le canapé. Le contrôle depuis l’écran verrouillé du smartphone évite aussi de déverrouiller son téléphone juste pour mettre pause.

Sonos 27 ouvre aussi de nouvelles possibilités à l’écosystème. Les Portable Surrounds permettent d’utiliser deux Sonos Play ou deux Move 2 comme enceintes arrière, puis de les reprendre pour les emporter ailleurs une fois le film terminé. Le transfert du son TV vers un casque Sonos permet de regarder un film en Dolby Atmos à plein volume sans réveiller toute la maison. Et si l’envie vous prend, la Beam Ultra peut évoluer vers un système complet avec un caisson de basses (Sub Mini) ou des enceintes arrière.

Connectique et commandes vocales, le grand écart

Côté connectique, la Beam Ultra reste dans la lignée de la Gen 2, c’est-à-dire minimaliste. Toujours un seul port HDMI eARC, pas d’HDMI en pass-through, et pas d’entrée optique native. Elle gagne en revanche le Wi-Fi 6 et le Bluetooth 5.3, avec un bouton dédié pour l’appairage, ce qui est un vrai plus, et reste compatible AirPlay 2, Spotify Connect et TIDAL.

Autre changement notable, la prise Ethernet a disparu. Elle est remplacée par un port USB-C qui accepte des adaptateurs (Ethernet et jack 3,5 mm) vendus séparément. Pour ceux qui, comme moi, aiment bien câbler quand c’est possible, c’est un petit pas en arrière.

Et puis il y a LE point qui m’a fait grincer des dents, les commandes vocales. Sur ma Beam (Gen 2), j’avais Google Assistant, et je trouvais ça très pratique, car cela me faisait un point d’écoute supplémentaire dans le salon pour mes requêtes domotique, comme allumer les lumières, lancer un scénario, vérifier une température, tout ça sans sortir le smartphone. Sur la Beam Ultra, d’après la fiche officielle, il n’y a que Sonos Voice Control, et plus d’Alexa ni de Google Assistant.

Sonos Voice Control se concentre sur la musique et le pilotage du système Sonos. Côté domotique, à ma connaissance, c’est donc le désert. Sonos annonce bien une nouvelle génération de contrôle vocal et un pilotage par IA (via le protocole MCP, avec ChatGPT ou Claude, par exemple), mais le déploiement commence aux États-Unis, et en anglais. Autant dire qu’on n’en profitera pas de sitôt chez nous… Si vous aimez avoir un point d’écoute domotique dans le salon, il faudra donc prévoir une autre enceinte connectée à côté (un Google Home Speaker ou un Echo, par exemple).

Beam Ultra ou Beam (Gen 2), ce qui change vraiment

Le bilan se résume assez simplement. En faveur de la Beam Ultra, on trouve un vrai Dolby Atmos avec des haut-parleurs dédiés, des dialogues bien plus modulables, un Trueplay ouvert à Android, le Wi-Fi 6, le Bluetooth, un profil un peu plus bas et une évolutivité accrue. En sa défaveur, on trouve 200 € de plus, la disparition de l’Ethernet natif et surtout l’absence d’Alexa et de Google Assistant.

Pour la musique, la différence est quasi inaudible à mon oreille. Pour le cinéma, elle existe, mais elle se mérite avec le volume.

Notre verdict : on valide ou on zappe ?

La Sonos Beam Ultra est une excellente barre de son compacte, simple à installer et facile à vivre grâce au HDMI eARC et à l’application Sonos 27. Son vrai Dolby Atmos et ses dialogues réglables font la différence sur les films, mais à volume élevé seulement. Pour la musique, l’écart avec la Beam (Gen 2) est minime. C’est une belle évolution, mais pas une révolution. Si vous possédez déjà une Beam (Gen 2) et que vous écoutez surtout de la musique, ne vous précipitez pas.

En revanche, si vous cherchez une barre compacte pour le cinéma et que les commandes vocales ne sont pas un critère, elle mérite clairement sa place dans votre salon.

Et si votre barre de son vous sert aussi de point d’écoute domotique, l’absence d’Alexa et de Google Assistant peut être un vrai frein. Dans ce cas, la Beam (Gen 2), toujours vendue 499 €, reste une option très sérieuse.

Sonos Beam Ultra

699 €
8.5

Polyvalence

9.0/10

Design

9.5/10

Qualité du son

9.0/10

Connectivité

7.0/10

Prix

8.0/10

Pour

  • Vrai Dolby Atmos
  • Dialogues réglables sur 4 niveaux
  • Installation simple et contrôle de la TV via HDMI eARC
  • Evolutive (caisson, enceintes surround, casque)
  • Application Sonos 27

Contre

  • 200 € de plus que la Beam (Gen 2)
  • Plus d'Alexa ni de Google Assistant
  • Atmos vraiment perceptible à volume élevé
  • Connectique minimaliste, plus d'Ethernet natif

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