iPhone Duo : Apple réinvente enfin l’iPhone avec son premier smartphone pliant

Ça y est, on peut ranger les rendus 3D et les fuites au placard. Ce mercredi 9 septembre, Apple a levé le voile sur l’iPhone Duo, son tout premier smartphone pliant. Sept ans après le Galaxy Fold de Samsung… Apple prend enfin le train, mais avec sa méthode habituelle : arriver après tout le monde, et espérer marquer les esprits quand même. C’est probablement le changement matériel le plus important jamais apporté à l’iPhone depuis son lancement en 2007. Et Apple entend surtout faire les choses à sa manière.

Un format passeport, taillé pour tenir dans la poche

Fermé, l’iPhone Duo affiche un écran externe de 5,4 pouces. Ouvert, il déploie une dalle interne de 7,6 pouces, la plus grande jamais vue sur un iPhone. Les deux écrans partagent le même format, pour une continuité visuelle qui semble bien pensée sur le papier.

Les deux dalles sont en Super Retina XDR, cadencées à 120 Hz avec ProMotion, Always-On et jusqu’à 3000 nits de luminosité en extérieur. Apple a soigné le détail sur l’écran interne : un revêtement anti-rayures et une couche externe nano-texturée, taillée dans un polymère maison affichant jusqu’à 40% de rigidité en plus que ce qui se fait ailleurs sur le marché. Au-dessus et en dessous du panneau pliant, du verre haute résistance est associé à des adhésifs sur mesure qui laissent les couches glisser les unes sur les autres… un peu comme les pages d’un livre, histoire de soulager la zone de pliure. Une plaque de titane vient renforcer le bas de l’écran. De quoi limiter, en théorie, la fameuse marque de pliure qui hante tous les foldables depuis 2019.

Un nouveau moteur d’affichage pilote les deux écrans simultanément, pour permettre une transition fluide quand vous passez de l’un à l’autre. Sur le papier, c’est souvent là que les pliants trébuchent : un petit temps de latence, un scintillement… on attend de voir ça en vrai.

Niveau matériaux, on retrouve du titane grade 5 poli miroir, une charnière composée de plus de 100 pièces mécaniques, avec des nervures internes qui rigidifient la structure et des inserts en fibre céramique au niveau des coupures d’antenne. Du Ceramic Shield 2 protège l’avant comme l’arrière, avec une résistance aux rayures annoncée trois fois supérieure à la génération précédente. L’ensemble est certifié IP68. Sérieux sur le papier, donc.

Grosse concession en revanche : Face ID disparaît. Pas assez de place dans ce châssis fin pour loger les capteurs. À la place, Touch ID revient dans le bouton latéral, avec support de plusieurs empreintes et déverrouillage via l’Apple Watch. Le Camera Control fait aussi son apparition, avec un nouveau mode Siri Camera. Le Pencil USB-C sera compatible sur les deux écrans, mais seulement plus tard dans l’année.

A20 Pro : la puissance d’un iPhone Pro dans un boîtier pliant

Sous le capot, on retrouve la même puce que les iPhone 18 Pro : l’A20 Pro, gravée en 2 nanomètres. CPU 6 cœurs, jusqu’à 20% plus rapide que l’A19 Pro, GPU 7 cœurs avec un gain de 40% en performances et en efficacité, et un Neural Engine double 16 cœurs qui double la puissance de calcul pour l’IA embarquée. La bande passante mémoire progresse elle aussi de 50%, ce qui devrait se sentir sur les tâches gourmandes en données, montage vidéo, modèles d’IA locaux, multitâche lourd.

Apple a aussi glissé une chambre à vapeur sur mesure, reliée directement à la puce via un nouveau boîtier inspiré du refroidissement des puces M de la gamme Mac. Résultat annoncé : jusqu’à 35% de meilleures performances soutenues face à l’iPhone 17 Pro, autrement dit moins de bridage thermique lors de sessions de jeu ou d’usages prolongés.

Côté connectivité, le nouveau modem C2 gère désormais le mmWave aux États-Unis, tandis que la puce maison N1 embarque Wi-Fi 7, Bluetooth 6 et Thread. Autre changement de taille : l’iPhone Duo passe en tout eSIM dans le monde entier, sans tiroir physique, ce qui libère de la place pour la batterie. iOS 27 introduit au passage l’iPhone Handoff, qui permet de faire basculer un numéro entre deux iPhone, mais uniquement chez T-Mobile aux États-Unis et Telekom en Allemagne au lancement.

Deux capteurs seulement, et pas de téléobjectif

Côté photo, c’est le poste qui fera sans doute le plus débat. L’iPhone Duo embarque un capteur principal Fusion de 48 Mpx et un ultra grand-angle également en 48 Mpx, identique à celui des iPhone 18 Pro. Pas de téléobjectif dédié : Apple mise sur un recadrage « de qualité optique » en 2x depuis le capteur principal. Une solution d’appoint, faute de place dans le châssis.

Le capteur principal profite d’un nouveau pipeline de calcul d’image, d’une stabilisation optique par déplacement de capteur, et d’une prise de vue sans décalage à l’obturation, même en rafale. Par défaut, les photos sortent en 24 Mpx pour un bon compromis entre qualité et poids de fichier, avec la possibilité de pousser jusqu’aux 48 Mpx natifs. Les Styles Photographiques gagnent de nouveaux réglages de texture et de grain, pour affiner le rendu sans passer par une appli tierce.

La caméra frontale Center Stage tourne automatiquement l’image en mode paysage sans que vous ayez à retourner le téléphone, et une nouvelle caméra FaceTime se cache carrément sous l’écran interne. Le format pliant ouvre aussi quelques idées amusantes : Duo Preview affiche l’aperçu en direct sur l’écran externe pour aider vos sujets à poser, Smart Take déclenche automatiquement la photo quand tout le monde sourit, et Duo FaceTime permet à une personne à côté de vous de rejoindre un appel vidéo via l’écran extérieur, sans se coller à l’objectif.

En vidéo, l’iPhone Duo grimpe jusqu’en 4K120 en Dolby Vision, avec des effets Cinématique désormais applicables après la prise de vue jusqu’à 60 images par seconde. Audio Mix embarque de nouveaux algorithmes capables d’isoler la musique d’une scène, et le Time-lapse passe en 4K Dolby Vision HDR. Posé en mode chevalet, l’appareil peut aussi filmer de longues séquences sans trépied.

Batterie : la vraie prouesse se cache dans la charnière

Intégrer une batterie conséquente dans un châssis aussi mince représentait un défi complexe. La firme de Cupertino l’a relevé en scindant la batterie en deux cellules distinctes, réparties de façon équilibrée dans chaque volet de l’appareil afin de préserver l’ergonomie globale en main.

Comme d’habitude, Apple ne communique aucune capacité en mAh. La firme préfère parler en heures d’usage plutôt qu’en chiffres bruts, une habitude de longue date qui ne facilite pas la comparaison directe avec les mastodontes Android du marché, certains dépassant déjà les 7000, voire 10 000 mAh sur certains modèles chinois.

Cette prouesse est rendue possible par l’adoption d’une nouvelle technologie de cathode enrichie en silicium, offrant une densité énergétique supérieure de 15 % par rapport aux batteries lithium-ion classiques à volume égal. Couplée à la grande efficience de la gravure en 2 nm de l’A20 Pro et à la gestion dynamique des écrans LTPO, cette réserve permet d’assurer sereinement plus d’une journée complète d’utilisation intensive.

Côté chiffres d’autonomie annoncés, cela donne jusqu’à 31h de lecture vidéo sur l’écran interne, 44h sur l’écran externe (logique, la dalle est plus petite et moins gourmande), et environ 24h en usage mixte quand les deux écrans sont sollicités à parts égales. Pour la recharge, les deux cellules se rechargent simultanément via une puce de gestion d’énergie partagée : comptez environ 20 minutes pour atteindre 50% en filaire avec un adaptateur 60W ou plus, et environ 30 minutes en charge sans fil MagSafe ou Qi2.

Prix et disponibilité en France

Voici la partie qui pique un peu. En France, l’iPhone Duo est annoncé à 2339€ en 256 Go, 2589€ en 512 Go, 3089€ en 1 To et 3839€ en 2 To. De quoi en faire, sans grande surprise, l’iPhone le plus cher jamais commercialisé par Apple.

Les précommandes ouvrent le 16 octobre, et l’appareil sera disponible dès le 23 octobre. Deux coloris au programme : blanc étoilé et bleu nuit. Deux accessoires l’accompagnent également, une coque à 79€ et un étui Folio à rabat avec béquille intégrée à 129€.

En conclusion

Sur le papier, l’iPhone Duo coche beaucoup de cases attendues : écran soigné jusque dans les moindres détails, puce puissante, batterie généreuse pour ce type de format. Mais l’absence de Face ID et de vrai téléobjectif, couplée à un tarif qui dépasse allègrement les 2300€, risque d’en freiner plus d’un. On vous avait déjà dit, dans notre précédent article d’opinion, pourquoi ce choix ne nous faisait pas forcément de l’œil face à un iPhone 18 Pro Max plus abordable et déjà très complet.

Reste maintenant à passer par la case test réel, pli, charnière et prise en main compris, avant de se faire un avis définitif. Rendez-vous fin octobre pour ça.

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