Le 12 janvier 2026, Apple a officialisé un partenariat avec Google pour intégrer l’intelligence artificielle Gemini dans ses futurs produits. Une alliance inattendue qui sonne comme un constat d’échec pour l’IA maison d’Apple.
Le choix de la raison
Apple a annoncé que ses prochains modèles d’IA s’appuieront sur Gemini de Google, notamment pour refondre enfin Siri dès cette année. Dans leur communiqué, les deux géants expliquent qu’Apple aurait choisi Google après « une évaluation minutieuse »…Traduction : l’IA d’Apple n’était pas au niveau.
Ce choix est surprenant pour une entreprise qui a toujours tout contrôlé, du matériel au logiciel. Mais face au retard accumulé, la fierté a dû céder la place au pragmatisme.
Siri : 15 ans de promesses non tenues
Lancé en 2011, Siri était révolutionnaire. Mais quinze ans plus tard, le bilan est cruel : c’est devenu l’assistant vocal le plus limité du marché, largement dépassé par la concurrence. Lors de la WWDC 2024, Apple avait promis une refonte avec « Apple Intelligence ». Les délais n’ont cessé de glisser : d’abord prévu pour 2025, puis 2026, certains analystes évoquent même 2027. Apple a fini par jeter l’éponge et faire appel à Google.

Le constat est là : Apple n’a pas réussi à entraîner un grand modèle de langage (LLM) capable de rivaliser avec les leaders du marché. Après avoir tenté de colmater les brèches avec OpenAI et ChatGPT pour les requêtes les plus pointues, Apple semble avoir compris qu’un simple partenariat de « dépannage » ne suffirait pas à sauver un Siri vieillissant.
En choisissant Gemini comme socle fondamental, la firme à la pomme admet à demi-mot que sa propre IA n’est pas, et ne sera peut-être jamais, au niveau des géants du cloud.
Gemini : Un nouveau cerveau pour un milliard de dollars
Le deal est colossal, tant sur le plan financier que symbolique. On parle d’un contrat d’environ un milliard de dollars par an pour permettre à Google d’intégrer Gemini au cœur d’iOS. C’est un retour d’ascenseur assez ironique quand on pense au contrat historique qui fait déjà de Google le moteur de recherche par défaut sur iPhone.
Apple se retrouve dans une position de dépendance technologique inédite : elle possède le matériel le plus élégant du marché, mais doit louer le cerveau de son voisin pour le rendre vraiment intelligent.
Pour l’utilisateur, ce changement se traduira par une Siri enfin capable de tenir une conversation cohérente et de réaliser des actions multi-applications sans bégayer. Apple assure que la confidentialité sera préservée grâce à sa technologie de Private Cloud Compute, garantissant que nos données ne seront pas absorbées par les serveurs de Google pour l’entraînement de leurs futurs modèles.
Sur le calendrier, Apple ne donne pas une date précise au jour près dans la déclaration officielle, mais une partie de la presse financière évoque une arrivée au printemps 2026 (mars/avril) pour la version IA de Siri. À prendre comme une projection, pas comme une promesse gravée dans le marbre.
La fin d’une époque ?
Pas forcement, la vraie question n’est pas “Gemini ou pas Gemini”, si Apple réussit à faire ce qu’elle sait faire de mieux : transformer une brique technologique (même externe) en une expérience fluide, utile, et invisible. Si Siri devient réellement plus fiable, plus contextuel, et plus actionnable, la plupart des utilisateurs se moqueront de savoir quel modèle est sous le capot.








